Après la pression, la descente et le relâchement

Publié le 11 juillet 2026

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Il y a un moment, juste après un pic d’intensité, un projet livré, un objectif atteint, une période sous tension, où l’on ne sait plus très bien quoi faire de soi.

Pour moi, cette année, ce moment est arrivé après la période du bac. J’ai accompagné des élèves en coaching scolaire pendant plusieurs semaines, avec toute la pression que cela implique : les échéances, les révisions, les doutes, les oraux, les derniers ajustements. Et puis le bac est passé. Les élèves que j’ai accompagnés l’ont obtenu, et j’ai été profondément fière d’eux.


Mais une fois la pression retombée, il y a eu ce moment étrange. Un vide.


Pas un grand vide dramatique. Plutôt ce sentiment d’être un peu désœuvrée, un peu molle, sans savoir par quoi reprendre. Comme si, après avoir été mobilisée pendant longtemps, le corps et la tête ne savaient plus très bien comment se poser.


Et mon premier réflexe a été assez révélateur : remplir. Me dire que j’allais enfin pouvoir reprendre tous mes projets créatifs laissés de côté, tester des techniques artistiques, explorer des pratiques d’art-thérapie, préparer déjà ma rentrée autrement, avancer sur ce que je n’avais pas eu le temps de faire dans la pression du quotidien.


Bref : transformer ce nouvel espace en nouvelle liste. On a tellement l’habitude de produire, avancer, tenir, que le vide qui suit ressemble presque à une faute. Alors on le remplit. Une nouvelle tâche, un nouveau défi, une nouvelle formation à commencer “pendant qu’on est motivé”.

Comme si s’arrêter était suspect.


Et si cet espace-là faisait justement partie de l’apprentissage ?


Le repos n’est pas l’absence d’apprentissage. C’est une autre de ses formes. Les sciences cognitives montrent depuis longtemps que le cerveau continue de consolider, relier, réorganiser ce qu’il a appris précisément quand on arrête de le solliciter activement. Le repos, le plaisir gratuit, le flottement sans objectif : ce ne sont pas des trous dans la trajectoire. Ce sont des phases où l’apprentissage se digère.


Apprendre à apprendre, ce n’est donc pas seulement maîtriser des méthodes de travail, des techniques de mémorisation ou des routines de productivité.

C’est aussi apprendre à reconnaître les différents rythmes dont on a besoin : des phases d’effort et de concentration, des phases de pratique et de répétition, et des phases de relâchement, où rien n’est immédiatement productif, et c’est très bien ainsi.


Se développer, ce n’est pas une ligne droite ascendante. C’est un mouvement fait d’alternances. Vouloir rester tout le temps en tension, c’est prendre le risque d’apprendre moins bien, moins profondément, et de s’épuiser en chemin. Alors en ce début de vacances, j’essaie de ne pas combler trop vite ce temps de vide.


De ne pas le vivre comme une perte de temps, mais comme un espace de respiration. Un espace où les idées peuvent prendre corps autrement. Où les envies peuvent revenir sans être immédiatement transformées en objectifs. Où le repos mental et physique peut vraiment commencer. Il y aura sûrement des projets créatifs, des essais, des lectures, des préparations pour la rentrée.


Mais peut-être pas tout de suite. Peut-être pas tous. Peut-être pas sous forme de liste à cocher. Et c’est peut-être très bien ainsi.

Et vous, comment vivez-vous ces moments après la pression ? Vous les remplissez vite, ou vous arrivez à les laisser respirer un peu ?

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